Les conséquences de la pollution de l’industrie textile

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Pour ce deuxième volet de notre série d’articles sur la pollution textile, revenons sur les conséquences écologiques de ce secteur. Deuxième industrie la plus polluante au monde, elle est la cause de plusieurs catastrophes, aussi bien humaines, sociales qu’écologiques.

La production de coton pas du tout écologique

Fibre naturelle la plus utilisée dans la fabrication de vêtement, le coton représente 25% de la production de matières textiles dans le monde, environ 17,7 millions de tonnes produites en 2015. Et pourtant, la culture de cette fibre a des conséquences désastreuses sur l’environnement. La production de coton nécessite l’exploitation massive de ressources non renouvelables, près de 4% de l’eau potable disponible dans le monde sont utilisés pour arroser les champs de coton. Il faut y ajouter aussi l’utilisation abusive de produits chimiques, d’engrais et surtout de pesticides pour booster la production. Vous pouvez facilement deviner les effets sur l’environnement. L’une des conséquences les plus marquantes en est le dessèchement de la mer d’Aral. Nous vous en parlions déjà dans un précédent article que vous pouvez trouver ici. À cause d’une surconsommation d’eau lors de la culture du coton, cette mer salée située entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, 4e plus grand lac de la planète avec une superficie de 67300 km², a disparu vers les années 1960. Une catastrophe écologique parmi tant d’autres répertoriés ces dernières années.

La pollution des eaux

Autres conséquences de l’industrie textile, la pollution des cours d’eaux, fleuves et océans due à la teinture des vêtements (des jeans pour la plupart) et aux résidus de fibres synthétiques à chaque lavage.

« On peut prédire la prochaine couleur à la mode en regardant celle des rivières en Chine. »

Orsola de Castro, co-fondatrice du mouvement Fashion Revolution

Saviez-vous ce sont principalement des produits chimiques qui sont utilisés pour colorer nos vêtements ?

Et cette utilisation de cette teinture chimique dans l’industrie du textile a fortement contribué à la pollution des rivières chinoises. Chaque année, c’est près de 40 000 à 50 000 tonnes de colorants qui sont rejetés dans les cours d’eau.

On retrouve ainsi un taux très élevé cadmium, chrome, mercure, plomb et cuivre dans les rivières. Les sols aux alentours sont abandonnés, car devenus très pollués, asséchés et incultivables.

Mais cette pollution ne s’arrête pas à la production. Lors de l’entretien du vêtement après la vente. Au lavage, tous les vêtements perdent environ 20% de leurs microfibres, et c’est 500 000 tonnes de microparticules plastiques non-biodégradables qui sont retrouvées dans l’océan chaque année. Des déchets qui menacent la biodiversité de l’écosystème marin.

Le transport des vêtements

Nous vous le disions dans notre dernier article, beaucoup de marques internationales délocalisent leur production dans des usines en Asie pour réduire les coûts de production. Avec le développement de la Fast-fashion, la Chine, l’Inde et le Bangladesh sont devenus les principaux acteurs de la mode à très petit prix. Près de 40% des jeans vendus aux États-Unis chaque année proviennent de la Chine. Le problème que cela pose, et celui du transport des produits. Pour alimenter le rythme frénétique des sorties de collection dans les magasins en Europe et aux États-Unis, il faut produire plus et les transporter au plus vite. Le moyen de transport le plus utilisé est alors l’une des plus polluantes : l’avion. Ce qui augmente le taux d’émission de gaz à effet de serre.

La Fast-Fashion et droits humains ; l’exploitation des ouïghours dans les usines en Chine

Depuis plusieurs années, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer les pratiques de travail déloyales dans les usines de fabrication des vêtements en Asie et dans d’autres pays du sud. Entre horaires de travail intenables (plus de 12heures par jour), salaires indécents, conditions de travail hyper précaires des ouvriers exposés aux composants chimiques toxiques et accidents, exploitation des enfants et des femmes…les conséquences humaines et sociales de cette industrie sont terribles. Le drame du Rana Plaza en 2013 avec près de 1200 morts dans un effondrement d’usine a permis une prise de conscience sur l’impact humain de la Fast-Fasion.

En 2020 cependant, un autre scandale vient entacher l’industrie textile, avec le travail forcé des ouïghours dans les usines en Chine. Un rapport publié par l’Australian Strategic Policy Institute, 83 marques de renommée mondiale participeraient à l’exploitation de ce peuple, parmi elles, 38 sont dans le secteur du textile. Les Ouïghours sont une ethnie présente en Chine et majoritairement musulmans. Depuis quelques années, l’État chinois opprime ce peuple qui subirait de graves sévices corporels et psychologiques (tortures, travail forcé, séquestration dans des camps de concentration …). Entre 2017 et 2019, plus de 80 000 sont envoyés dans des usines où ils fabriquent produits pour des multinationales dans le textile, la technologie et l’automobile. Et la Fast-Fashion est autant responsable de cette exploitation de mains-d’œuvre dominées dociles et abordables. Le député Raphael Glucksmann va entreprendre une campagne sur les réseaux sociaux pour obliger les grands noms de l’industrie à cesser leur collaboration avec les fournisseurs et sous-traitants chinois pratiquant le travail forcé des Ouïghours.

Il est difficile pour le consommateur de savoir si elle participe indirectement à cette violation des droits humains. Un document collaboratif publié par Clear Fashion permet néanmoins de voir les actions des marques de vêtements accusées de participer à l’exploitation des ouïghours.

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